Art therapie, therapeute, formation

Art therapie - therapeute, formation

Adolescence et création

Exemple d’une prise en charge d’un adolescent suivi en thérapie classique et en art-thérapie au Centre Médico-Psychologique de Créteil.
De grandes difficultés scolaires et une inhibition massive avaient amené sa mère à consulter en CMP. Cet adolescent fut donc suivi par une thérapeute qui le recevait avec sa mère et parallèlement, il est venu à l’atelier d’art thérapie pendant 1 an.

La mère de cet adolescent sollicite initialement de l’aide pour un problème d’orientation. Son fils a des résultats scolaires catastrophiques et doit être orienté vers une classe pour déficients. Il est silencieux et paraît indifférent à tout cela. A l’âge de 6 ans il avait perdu son père. Depuis, il s’était enfermé dans un silence et une passivité obstinés. Plusieurs tentatives de prise en charge psychologique ont eu lieu, et il y a toujours opposé le refus, et son silence.

Avec la thérapeute, s’est engagé un travail sur le dévoilement d’une parole que n’avait jamais exprimée la mère concernant la mort de son père et que l’adolescent, présent aux séances mais silencieux, pouvait enfin entendre. Dans mon atelier, s’est naturellement imposée la nécessité de respecter ce silence.

Repose-main; terre et plâtre - Art therapie

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Faire semblant

L’enfant fait semblant de tomber. Il jette des déchets par la fenêtre ou la cage d’escalier. Il se laisse lui-même tomber de sa hauteur. De la chute de son corps, il évolue vers un jeu sur la peinture qui va s’organiser peu à peu : dégoulinures, coulures, pluies de couleurs.
En tant que peintre, cette utilisation de la matière picturale m’évoque le travail de Pollock et du dripping, de l’action Painting, des expressionnistes abstraits comme Mathieu.

La peinture est un miroir de ce sentiment intérieur de chute et qui lui échappe comme la peinture coulant sur le papier vertical ; elle en est l’exact reflet et cette adéquation le fascine : comme son corps mime un objet qui vomit, la peinture, pour lui, mime à sa place son propre ressentir. Cette découverte lui permet de jouer non plus comme sujet enfermé, subissant le fait de tomber mais comme sujet ouvert à la découverte et de jouer.
Ce qui était angoisse ou crainte, se retourne en son contraire : le plaisir.