Art therapie, therapeute, formation

Art therapie - therapeute, formation

Face au silence

Face à son silence, à la remarque de sa thérapeute, lui disant que l’on pouvait s’exprimer autrement qu’avec des mots, il répondit en atelier à son désir de disparaître, d’être invisible, en peignant du blanc sur fond blanc, puis en le recouvrant de noir et y ajoutant des paillettes colorées : les ombres de sa tristesse devenaient nuit étoilée.
Il mit en scène ainsi son état intérieur dans ces étapes du peindre.

Pourrait-on parler de la force de consolation de l’expression ?

La valeur d’un fait

Ce petit garçon modèle la tête au carré de ses frères qui l’embêtent et leur montre ensuite fièrement le modelage; ce glissement du jeu de mots à l’image jusqu’à l’objet est libérateur pour lui ; l’objet créé mis dans la réalité, s’impose par l’évidence de sa présence ; Il ne s’agit pas simplement d’une métaphore mais il y a là réalisation d’un objet qui a la force d’un fait.

A partir du moment où l’on donne forme, cela a la valeur d’un fait.

“Cela a eu lieu “ dit Daniel Mesguisch “et rien ni personne ne peut le contester. ”

A l’atelier, je fais de l’âmestrait


La sensation de sens

Multiplicité et toupie du sens : la forme est rétive à l’enfermement dans une seule désignation qu’elle soit descriptive ou symbolique et peut même échapper à toute désignation, les associations évocatrices sont quelquefois impossibles ; on a accès directement à la « sensation de sens », le mystère s’exprime mais sans dévoilement ; la forme est la gardienne du secret qu’elle exprime.

Le déclic

Le déclic d’une forme inanimée à une forme habitée, d’une projection conceptuelle et au mieux symbolique à une vraie implication charnelle qui déroule un monde de sensations émouvantes et surprenantes.

Oser

Le sentiment d’un saut, d’un passage où on ose un geste, une sensation, on traverse un interdit de présentification, un tabou intérieur ; on perd ses repères et on aboutit à une clairière de possibles.

A ce moment, on ne maîtrise plus la forme, il y a retournement et c’est la forme qui nous guide et nous indique ce qu’il y a à faire.

Modelage

COURT-METRAGE « Du trait au corps »

Court-métrage de 15 mn ; mai 2002
Réalisation :Ruth Nahoum
Scénario : Ruth Nahoum, Maryse Guichard avec la participation de Gilles Bouchardeau, Jean-Michel Coq, Bernadette Dassbach.
Assistante : Abelle Defrance
Musique : Pierre André Athané
Montage : Francette Levieux
Studio : INGEP Marly Le Roi
Producteur : Post Scriptum 2, allée des Boutons d’Or Créteil 94000 et Ruth Nahoum
Le financement du film a été assuré par la Caisse d’Allocation Familiale.

Voir extraits

Ruth Nahoum, peintre, a animé pendant deux ans un atelier de modèle vivant avec des jeunes adolescents en difficulté psychique dans le cadre des activités de l’association Post Scriptum.
Depuis 1983, cette association a monté plusieurs projets avec des artistes et l’hôpital de jour des Bordières à Créteil qui reçoit des autistes et psychotiques.
Différentes rencontres autour du projet d’un film issu de cette expérience ont eu lieu entre Ruth Nahoum et des membres de l’association et ont permis de construire le scénario d’un court métrage.

Ce film a pour objectif de montrer au spectateur comment évoluent les dessins de ces adolescents quand ils sont confrontés au modèle vivant et à leurs éprouvés et comment se modifie la perception de leur corps et du corps des autres.
Le film cherche à rendre l’émotion de l’accompagnement artistique et le parcours particulièrement saisissant de ces adolescents.

Dessin d'une adolescente avec un modèle

J’ai voulu transmettre une expérience essentiellement poétique qui me semble la plus à même d’évoquer « l’intuition consciente » de l’artiste engagé dans une relation d’aide auprès d’adolescents et nourrie de sa pratique même de l’art.

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La rencontre avec la matière.

Ma recherche sur les processus créatifs m’a permis de façonner un certain nombre de convictions intimes qui me servent de guide dans mes interventions. Une des dimensions fondatrices d’une expérience véritablement créatrice, me semble être :

La rencontre avec la matière et l’engagement du corps.

C’est vers cette expérience par laquelle je commence ou retourne chaque fois que je sens la personne perdue.

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Mon homme aux loups

Ce jeune homme fermé, lent, lourd et silencieux est presque inerte. Quand il m’a demandé avec hésitation d’aller voir les loups, j’ai reçu sa demande inhabituelle comme étant nécessaire et centrale. Rassuré par l’importance que j’accordais à sa demande, un lien réel a commencé à se construire entre nous.

Puis, il y eu ce moment de partage silencieux devant ce loup du Jardin des Plantes…

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De l’origine

Malraux “L’œuvre parle un jour un langage qu’elle ne parlera plus jamais, celui de sa naissance “

L’espace littéraire- Michaux “Elle est toujours antérieure à tout commencement, elle est toujours déjà finie. Elle est toujours originelle et à tous moments commencement : ainsi paraît-elle ce qui est toujours nouveau, le mirage de la vérité inaccessible de l’avenir… et enfin elle est très ancienne, effroyablement ancienne, ce qui se perd dans la nuit des temps “